[Septembre] Plateau de la Molière

11 Septembre 2008 , Rédigé par Izoard Toubkal Publié dans #100% vélo: Préalpes et Belledonne

C'est sous un ciel nuageux que j'entreprends de gravir le Vercors par Engins jusqu'au col de la Croix Perrin. A la Croix, j'emprunte une bifurcation pour rejoindre une petite route forestière menant au Plateau de la Molière (1632m). En pénétrant dans la forêt, le contraste est saisissant: jusqu'à la Croix Perrin, la circulation automobile est assez importante alors que sur cette petite route, elle est inexistante: pas une voiture, seulement quelques vaches qui imposent par moments de petits slaloms. J'avance à un petit rythme sur cette route très agréable, à la pente douce, perdue au milieu des bois. De temps en temps, quelques coups de tonnerre résonnent au loin. Arrivé au Plateau, la vue est panoramique et le calme absolu. Je m'installe tranquillement dans l'herbe pour me ravitailler et profiter du lieu. Ensuite, plutôt que d'emprunter la route de l'aller, je décide de descendre par Autrans. Un peu plus bas, je remarque un tunnel. La route qui mène à ce tunnel est barrée. Je devine que c'est la route qui conduit à Montaud. Sur ma carte, il y a marqué "Tunnel Fermé" et pas "Route Fermée"... Le tunnel n'a pas l'air en si mauvais état: je me résouds à le traverser avec l'intention de continuer jusqu'à Montaud pour basculer à l'extrême nord du Vercors - avec l'idée de prolonger mon périple par le Col de la Charmette. De l'autre côté du tunnel, une dalle cassée indique qu'il s'agit du tunnel du Mortier et que ce tunnel a été inauguré en 1968 pour les Jeux Olympiques. Il y a de nombreux rochers à la sortie du tunnel. Un peu plus loin, la route paraît praticable à vélo. Je continue en pensant que Montaud est tout prêt. Plus j'avance, plus les obstacles prennent de l'ampleur: les petits cailloux parsemant la route se transforment en immenses rochers. Puis, je finis par me demander où est passée la route tellement il y a de rochers. Je me rends à l'évidence: la route n'existe plus, elle a été avalée par les éboulements. Hésitant entre m'enfoncer dans la forêt et emprunter un petit sentier très raide et boueux, je décide de m'aventurer sur le petit sentier. Le petit sentier est si raide qu'il exige qu'on se serve de tout son corps pour le traverser. Pour de ne pas dégringoler de plusieurs centaines de mètres, il faut impérativement s'agripper à des branches et des racines. Je prends rapidemment conscience de la difficulté de l'exercice lorsqu'on est accompagné d'un vélo. La meilleure technique que je trouve pour avancer est de glisser sur les fesses en faisant glisser mon vélo à côté de moi et en gardant une main libre pour m'accrocher à de petites branches. Puis, je perds la trace du sentier. Je me retrouve alors seul sur un flanc de montagne instable, sans végétation et redoutablement abrupt. Dès que je bouge, des cailloux roulent vers le bas. Je ne sais plus que faire de mon vélo. Il m'encombre énormément. Faire demi-tour me semble très difficile car monter les portions que j'ai descendu me paraît nettement plus périlleux. En abandonnant mon vélo, je m'en sortirais probablement indemne. Mais quand même, on abandonne pas un vélo! Le pauvre! Avec lui, j'ai fait tant de kilomètres, grimpé tant de cols! Je continue donc à avancer prudemment. Il faut que je m'enfonce dans une petite crevasse très glissante pour traverser un cours d'eau. Mon vélo manque de tomber au bas de la falaise au cours de la manipulation. Je suis contraint de pratiquer de douloureux mouvements de contorsion pour préserver mon équilibre. Après avoir traverser le cours d'eau, je retrouve un petit sentier montant. Me voilà au paroxysme de la galère, tellement c'est raide, boueux et glissant. Je n'ai plus de souffle. Je n'en peux plus. Je n'arrive plus à porter mon vélo et à m'agripper aux racines. L'ascension est longue, éprouvante, laborieuse. Puis, alors que je commence à désespérer tant c'est abrupt et impraticable, je retrouve la route! Quelques rochers traînent par-ci par-là sur le goudron. Une broutille. Un peu plus bas, je franchis une dune qui me permet de regagner la portion ouverte et entretenue de la route. Mon maillot est un peu rouge. La sang a coulé, mais, une fois de plus, moi et mon fidèle compagnon, El Spego, sommes sortis de cette aventure indemnes.
Par la suite, éprouvé par la descente du Plateau de la Molière, j'ai finalement renoncé à la Charmette. Le panache fait défaut, l'été se termine.


























































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Brigitte 22/09/2008 11:46

Je me demandais dans quel état était cette route ! Voilà j'ai la réponse à toutes mes questions !!!

Bast 14/09/2008 14:03

Ok je ne savais pas que la route était comme ça sur au moins deux kilomètres ! Bon de toute façon il faudra que j'aille voir un jour, c'est obligé maintenant :) Demain, je vais au Mt Noir normalement.

En ce qui concerne mon site, il y a une carte où j'ai mis presque toutes les ascensions (il manque juste les dernières je crois et les Vosges mais je vais mettre à jour). Je compte compléter ça un jour par une liste complète (mais c'est long) voir même les montées que je recommande en fonction des massifs.
Pour les 100 cols je devais m'inscrire bientôt (on ne peut s'inscrire qu'en fin d'année) mais j'hésite pour diverses raisons maintenant (d'autant que paradoxalement plus je monte de cols, moins j'ai le droit d'entrer dans le club, car il faut au moins 5 cols à + 2000m pour 100 cols, ce qui vu les prochains cols que je devrais faire -à nice- sera un problème :)
Si t'as un conseil pour le site, quelque chose que tu voudrais voir n'hésite pas à m'en faire part.

Matthieu 14/09/2008 12:36

Ton article sur le Charmette est très intéressant. Avec la neige, la grimpée doit être encore plus spectaculaire!
Pour Montaud, il y a deux ou trois kilomètres avec des rochers de partout... si tu passes pas par le sentier, peut-être qu'il est possible de passer sur les rochers mais je pense qu'à un moment, tu seras bloqué par une forêt infranchissable qui a recouverte la route.
Sinon, est-ce que, sur ton blog, il y a un tableau qui récapitule toutes les ascensions que tu as fait? Et as-tu songé à t'inscrire au club des 100 cols?

Bast 13/09/2008 22:39

Oui je connais le Col de la Charmette: http://cycols.free.fr/index.php/2008/05/05/col-de-la-charmette/
Bon c'est dommage ça me tente bien quand même, est ce que cet éboulement est long ? On ne peut pas aller tout droit en montant sur les cailloux ?

Matthieu 13/09/2008 22:32

Salut,
La route est en très mauvais état à cause des éboulements. Des tas de terre bloquent l'accès aux voitures et motos.
Il y a un petit sentier mais qui est très difficilement praticable avec un vélo entre les bras. En arrivant du côté de Montaud pour monter jusqu'au tunnel du Mortier, le sentier n'est pas évident à trouver (lieu du départ photo 19 et 20 en partant du bas de la page). Pour passer, il faut traverser un petit cours d'eau et il est très difficile d'entrer dans le cours d'eau en portant un vélo: c'est glissant et très pentu. En descendant de la Molière, on emprunte naturellement le sentier sans le chercher mais peut-être qu'en l'évitant en tournant sur la gauche et en s'enfonçant dans la forêt, on peut rejoindre la route et éviter le franchissement du cours d'eau. Je pense que si j'avais à le refaire, je ne retenterais pas l'aventure: c'est trop dangereux et très isolé: pas de passage de randonneurs. Cependant, à pied sans vélo avec des chaussures adaptées, ça peut se faire (ça reste dangereux car du côté de Montaud, un panneau indique "Zone dangereuse; chutes de pierres; glissement de terrain; circulation et stationnement interdit"; panneau inexistant du côté d'Autrans: à la vue d'un tel panneau, je pense que je n'aurais pas franchi le tunnel du Mortier).
En résumé, je déconseille fortement de grimper de Montaud à la Molière par le tunnel du Mortier. Par contre, la Molière, par la Croix Perrin ou par Autrans, c'est à faire. Bast, si tu veux emprunter une vieille route fermée aux voitures, je te conseille le col de la Charmette par Saint Laurent du Pont... Je pense que Pascal S. connaît déjà vu que c'est à côté de chez lui. Je ne sais pas si vous connaissez d'autres anciennes routes fermées aux voitures et praticables à vélo.

pascal s 13/09/2008 21:23

Salut !
je suis un peu surpris que tu aies pu passer dans la falaise du tunnel du mortier à l'autre coté de la route...
un sentier y a-t-il été taillé ?
Il y a quelque années, c'etait strictement impraticable...
@+

Bast 13/09/2008 19:30

Cette route m'intéresse. Sur la carte Michelin il est noté "route coupée" et je me demandais comment c'est sur place (car je n'y suis jamais allé). Ca me donne encore plus envie d'y aller: montée de la Molière par le tunnel du mortier...
Je ne comprends pas comment on peut laisser à l'abandon une route comme ça. (trop dangereux probablement ?)