Combien de temps pouvez-vous tenir sans voiture?

22 Octobre 2010 , Rédigé par Matthieu

Je propose un petit jeu. Tout le monde peut y participer.

Le but, c'est de vivre le plus longtemps possible sans monter dans une voiture (ou tout autre transport "non en commun" motorisé).

Il n'y aura pas de classements entre les joueurs, car il est évident que c'est plus facile de se passer de voiture pour le citadin que pour le rural, et il serait injuste (et peu intéressant) d'établir un classement.

Pour participer, il vous suffit de poster un commentaire en réponse à cet article: sur ce commentaire, écrivez quel objectif vous vous fixez (6 heures, 3 jours, une semaine, un mois, un an?); puis, par la suite, combien de temps vous avez tenu sans voiture, et quel(s) sacrifice(s) vous avez dû faire pour tenir; expliquez comment vous vous êtes débrouillés pour vous rendre sur votre lieu de travail, etc. Si vous avez déjà réalisé une telle expérience dans le passé, faites-la partager.

 

Jeu inspiré par Joan Pick. Une londonienne qui, en 37 ans, n'est monté qu'une seule fois dans une voiture (et encore, dans une ambulance!). A plus de 70 ans, elle se déplace encore presque exclusivement en courant! Depuis 1972, par conviction écologiste, elle n'a ni réfrigérateur ni télé ni chauffage... et à la voir, elle se porte beaucoup mieux que beaucoup d'entre nous! Très sincèrement, j'ai beaucoup plus d'admiration pour une telle personne que pour les sportifs que les télévisions s'obstinent à nous vendre.

 

A propos de la mobilité douce, je constate que la société a beaucoup de mal à se passer de son pétrole, et je trouve que c'est très triste. 30% des stations à sec, et, à en croire certains, le pays serait paralysé! Alerte rouge "la société est foutue": vous allez bientôt devoir mettre vos baskets et sortir vos vélos! Catastrophe! Sauf que, de toute façon, d'ici quelques décennies, avec ou sans manif', il n'y en aura plus de pétrole! Le pétrole que nous brûlons est de la matière organique issue de la décomposition des êtres vivants qui ont peuplé la Terre avant nous. En quelques décennies, nous avons brûlé la matière fossile de dizaines de millions d'années de vie, et le stock sera bientôt à sec.

Dans l'immédiat, on pense à l'intérêt économique du pays, mais on ne soucie pas de l'avenir de la planète; et il serait bon de rappeler que c'est dans l'intérêt des générations futures de préserver notre environnement. Rappelons qu'en brûlant le pétrole, tiré du sol, celui-ci rejette du dioxyde de carbone qui ne peut être recyclé et qui s'accumule dans l'atmosphère, provoquant ainsi un réchauffement climatique ( http://cycleducarbone.ipsl.jussieu.fr/index.php/visiteurs-mainmenu-6/3-cycle-du-carbone/20-un-cycle-elle-humaine.html ) qui est, en partie, responsable de l'accélération par un facteur 1000 de la disparition des espèces à la surface de la Terre. Cette dégénérescence de la biodiversité met en péril de nombreux écosystèmes, et avec eux, l'espèce humaine. Albert Einstein lui-même nous avait prévenu: "Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre"... Dans certaines régions, on en est déjà à 75% de ruches abandonnées.

 

On veut nous obliger à entrer dans la "guerre économique" (dixit nos députés de droite), à être des soldats de la croissance, mais nous ne sommes pas obligés d'accepter leur monde de destruction. La finance a beaucoup moins de valeur que la vie, et comme dirait Nietzsche, "tout ce qui a un prix est sans valeur". On peut être heureux en se contentant de peu choses matérielles, c'est peut-être même une condition au bonheur (cf. les bouddhistes, Diogène, Joan Pick, les hippies... les gens heureux).

 

Dans les pays riches, beaucoup de générations ont lourdement abusé des ressources de la nature. Il faut construire une autre société, mais le problème, c'est que beaucoup sont encore trop fossile dans leur tête; en tout cas, à 70 ans, Joan Pick ne l'est pas.

 

(Texte: Matthieu)

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Ralentissor 27/10/2010 13:37



En fait, je rejoins ton analyse sur un nombre considérable de point.


Je me vois juste plus pessimiste que toi sur la confiance à accorder à l'être humain "occidental" quand à sa capacité à se passer de toutes les futilités qui encombre son quotidien (le Pc
sur lequel j'écris ce message en fait bien sur partie, au même titre que nos voitures, chauffages au fuel et autre garde robe surdimensionnées).


Je pense sincèrement qu'une révolution de notre mode de vie se produira, je ne la redoute pas plus que cela puisqu'elle est nécessaire. Mais je doute qu'elle se fasse dans la joie et la
bonne humeur. Un scénario "anarchie pour la survie en milieu hostile" me semble plus probable (j'ai peut être trop regardé Mad Max ) 


Le fait que tu ai choisi la mobilité douce au quotidien t'aide probablement à mieux voir que ce mode de vie n'est pas si compliqué que cela et que de nos oripeaux modernes nous pouvons faire
le deuil aisement. Je trouve de toute façon ta démarche admirable. Ton blog est pour moi une source de plaisir renouvelé chaque Lundi matin !



Matthieu 27/10/2010 22:02



J'ai encore beaucoup d'efforts à fournir. Je pense vraiment que le fait de te rendre au travail en marchant et de cultiver toi-même tes légumes (ou du moins une partie de tes légumes) sont, à
l'échelle d'un individu, de très beaux actes politiques (ce qui compte, en politique comme en écologie, c'est l'action; et non pas les tonnes de mots).



Ralentissor 27/10/2010 13:18



Ou as tu vu quelqu'un affirmer dans cette discussion que la mobilité douce était responsable de l'injustice dans le monde ? Me serais je mal expliqué ? Je reformule : je pense qu'une immense
majorité des personnes n'ayant pas les moyens financiers ou matériels de s'acheter une voiture (l'ennemi de la mobilité douce, cela ne semble faire de doute pour aucun d'entre nous dans cette
discussion) acheterait cette même voiture si elle pouvait réunir ces moyens. Le pourcentage de ceux qui n'agiraient pas comme cela me semble dérisoire, n'es tu pas de cet avis ?


 



Matthieu 27/10/2010 22:40



Je crois que ça change, et qu'avec les nouvelles générations, la conscience écologique grandit. Il y a cinquante ans, le pourcentage de personnes renonçant à la voiture en ayant les
moyens de s'en acheter une était probablement dérisoire; je crois qu'aujourd'hui, ce pourcentage est nettement plus élevé et qu'il ne fait qu'augmenter.


 


Ce qui m'étonne, c'est simplement que lorsque je parle de "mobilité douce", on vienne étrangement me dire que c'est "un débat de riches"; j'ai expliqué que je n'étais pas d'accord avec
ça.



Matthieu 26/10/2010 19:53



Parfaitement, seule la démocratie doit nous gouverner ; et dans la démocratie, chacun voix doit être entendue, le
débat est essentiel, et il ne faut pas agir par force, mais toujours discuter.


 


D’accord avec toi : on ne vivra jamais dans un monde idéal, et le monde ne doit surtout pas être réduit à la
dictature d’un idéal, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut que nous renoncions à nos convictions. (Liberté = hasard ? Moi, je dirais, hasard = indéterminisme, et liberté = faire un choix
en connaissance des autres choix possibles ou un truc comme ça… mais dans l’immédiat,  ça ne m’intéresse pas)


 


Education = suppression de liberté! J'aurais dit exactement le contraire: c'est le fait d'apprendre qui permet de faire
des choix et de se libérer de notre "déterminisme biologique". Dans les pays du Nord plus que dans nos pays, on apprend aux enfants que la planète est fragile et que ses ressources sont limitées;
est-ce les priver de liberté? Les scandinaves ont le choix entre la voiture et le vélo (eux, au moins, ils peuvent faire le choix d’emprunter de vrais pistes cyclables): ce ne sont pas des
esclaves! (Les hollandais, esclaves du vélo ?!!!) La culture enrichit les hommes, et si certains sont écologistes par culture, s’ils ont une culture en harmonie avec la nature, je ne vois
pas où est le problème.


 


Je suis d'accord pour dire que les gens les plus modestes sont ceux qui ont le moins de choix. C'est parfaitement
vrai.


 


"Rouler en vélo coûte aussi un certain prix (du temps). Les riches sont plus à même de payer ce prix."


En France, la durée du temps de travail, c'est 35 heures par semaine. Et s'il y a un facteur qui joue sur le fait de
devoir ou de ne pas devoir prendre sa voiture, c'est plus l'éloignement entre le domicile et le travail (ou encore la taille de la famille ou encore les habitudes d'une génération) que le niveau
de vie (surtout que concernant le niveau de vie, dire que les riches utilisent, en proportion, plus leur vélo par conscience écologique que les moins riches me paraît vraiment très
douteux).


 


Le fait que les chinois, matériellement 7 fois plus pauvres en moyenne que les américains des USA, soient, en
proportion, 3,5 fois plus nombreux à agir pour l'environnement que ces mêmes américains des USA prouve bien que l'écologie n'est pas réservée à des classes sociales élitistes! J'argumente avec
des chiffres, et non avec des extrapolations: http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/26/le-climat-preoccupation-majeure-de-la-population-mondiale_1431201_3244.html


 


On a le droit d'être matériellement modeste et d'avoir une conscience écologique! Ecoutons le discours des peuples
arborigènes, écoutons les accusations des tribus indiennes, des peuples esquimaux, des tibétains, etc.!


 


Non, l'écologie n'est pas un débat de riches, c'est le débat de tous.


 


Et puis, à mon avis (c’est contestable : je n’ai pas d’études sociologiques sous la main), en proportion, les gens
les plus modestes sont ceux qui sont le plus attaché à la nature, car ce sont eux qui ont le plus conscience que c'est une richesse; j'ai le sentiment que bien souvent, les plus riches voient la
richesse ailleurs; mais de toute façon, le monde est rempli de plein de gens différents, et faire des généralités n'a pas beaucoup d'intérêt.


 


Notons que l'écologie, par essence, invite les gens à vivre plus modestement, et que suivant ce mouvement, il y a des
personnes qui font le choix de renoncer à des richesses matérielles. Je pense qu'on a tort d'avoir des préjugés sur ces personnes (qui font des choix courageux et justes) et de les accuser de
n'être rien d'autre que des bourgeois (ce qui est très souvent faux !). Je ne sais pas s'il y a vraiment un intérêt à critiquer la volonté écologiste dans la mesure où elle rend l'humanité
meilleure. Pourquoi s'acharner à critiquer (de façon plus ou moins détournée) ceux qui essaient de vivre sans voiture? Bientôt, lorsqu'on va dire "je veux vivre sans voiture", on va nous taper
dessus, et on va nous demander des comptes sur nos origines sociales, nos niveaux de vie, notre temps de travail, etc. Je n'oblige personne à renoncer à sa voiture, je n'accuse personne, j'ai
juste fait le jeu "du quelques jours sans voiture" (et d'ailleurs, il y a beaucoup de commentateurs, mais pas beaucoup de joueurs !).


 


Il y a beaucoup de sportifs parmi mes lecteurs, et on pourrait presque finir par croire qu’il est plus difficile de se
passer de sa voiture pendant une semaine que de faire un marathon, un trail ou 200 kms de vélo ! Sur la blogosphère, lorsque quelqu’un termine l’Etape du Tour (inscription : de 75 à 95
euros), par exe



Matthieu 26/10/2010 19:54



Commentaire trop long, la suite:


Sur la blogosphère, lorsque quelqu’un termine l’Etape du Tour (inscription : de 75 à 95 euros), par exemple, avec
un vélo à 3000 euros, les commentateurs ne s’interrogent pas massivement sur la discrimination sociale dans le monde des loisirs (alors qu’il est ici très net que le smicard est exclu
d’entrée !). Pourquoi donc subitement utiliser la discrimination sociale pour argumenter contre la mobilité douce ? Surtout que, dans ce contexte, cet argument est beaucoup moins
pertinent et beaucoup moins intéressant que dans beaucoup d’autres problématiques (pour en citer quelques unes : ce sont les pauvres plus que les riches qui paieront les conséquences du
changement climatique ; ou encore : ce sont les pauvres plus que les riches qui sont victimes du paludisme, du sida, de la faim dans le monde ; ou encore : ce sont les pauvres
qui ont le moins accès à l’eau potable et ils en meurent ; ou encore, ce sont les pauvres qui ont le moins accès à la culture ; ou encore, ce sont les pauvres qui sont le plus
exploités : voilà des problématiques intéressantes !, mais par contre, je ne vois pas l’intérêt de venir subitement défendre les pauvres pour la raison qu’ils n’ont pas accès à
l’écologie – alors qu’en réalité, ce sont eux qui polluent le moins : ils ne partent pas en vacances en faisant 15000 kms d’avion tous les étés… un habitant des USA pollue approximativement
3000 fois plus qu’un habitant du Bangladesh - ; vous avez raison de vous soucier des pauvres, mais, à mon avis, ce n’est pas la mobilité douce qui est responsable de l’injustice dans le
monde !).



Eric 26/10/2010 15:53



Arghh, je n'y tiens pas. En 3 minutes à chaud:

- OK avec Ralentissor qui dit la même chose que moi: quand l'urgence est de manger tout de suite, peu importe de balancer du CO2 ou de déforester pour faire des terres cultivables. Oui, c'est un
débat de riches que nous avons là.

- Mon idéal serait un système parfait. Seul un système parfait est viable à long terme (Polluer 'moins' ne veut rien dire pour moi, ça ne fait qu'allonger la sauce). Un système parfait ne
supporte aucune inconnue, aucun imprévu. Il impliquerait une privation totale de liberté (liberté = hasard). Il est donc irréalisable. Je n'envisage donc pas cet idéal comme une possibilité.

- Qui roule le plus à velo, les riches ou les pauvres? en valeur absolue, ce sont bien les pauvres. Mais il y a aussi 10 fois plus de pauvres que de riches. En valeur relative, je ne suis pas
sûr. Il faut retirer ceux qui sont en vélo par obligation (ils ne peuvent pas avoir une voiture). Il reste ceux qui roulent en vélo par choix. Rouler en vélo coûte aussi un certain prix (du
temps). Les riches sont plus à même de payer ce prix. Bref, je ne suis pas du tout sûr que les pauvres choisissent plus de rouler en vélo par choix autre qu'économique.
Là, je parle chez nous en France. En chine, 100% roulent par obligation (et ils achètent une voiture dès qu'ils peuvent). Aux pays bas et les pays scandinaves, une énorme proportion roule en vélo
par éducation (éducation = suppression de liberté).

- Quelle technologie est utile: comment on fait pour régler le curseur? Pour moi le seul vote valide l'unanimité.



Matthieu 26/10/2010 14:46



Ce que tu dis, Ralentissor, est exact. Il y en a pour qui réduire leur empreinte carbone est beaucoup plus difficile. Évidemment, on ne peut rien reprocher, à la famille qui vit
dans la campagne à 10 kilomètres du moindre petit magasin, à 50 kms de l'école des enfants, à 100 kms de l'hôpital, etc... et il y a plein d'exemples comme ça, mais il ne faut pas non plus tout
généraliser dans ce sens-là.


"Jamais une conversation pareille n'existera entre deux chômeurs longue durée ayant une famille à nourrir."


Je te rassure: tu te trompes. Les gens modestes s'intéressent à ces choses-là.


PIB par habitant des chinois, en parité de pouvoir d'achat: 6930 dollards.


PIB par habitant aux USA, en parité de pouvoir d'achat: 46470 dollards (6,7 fois plus).


Le Monde du 26 octobre 2010: "64 % des personnes interrogées en Chine déclarent faire des efforts substantiels pour lutter contre le changement climatique, contre 20 % aux Etats-Unis."


Je suis convaincu que ce sujet ne doit pas être réduit à une préoccupation pour "bobos".


Dans les transports en commun (qui coûtenten moyenne 17 fois moins chers à utiliser qu'une voiture individuelle), il y a beaucoup plus de gens modestes que de gens aisés, et le fait
d'utiliser des transports en commun tous les jours fait réfléchir les gens... De même, le vélo en ville est nettement plus souvent utilisé par les gens modestes que par les couches sociales
aisées! Rends-toi dans le garage de l'association du P'tit Vélo dans la Tête à Grenoble (qui milite pour la mobilité douce en réparant des vélos): tu y trouveras des chômeurs bénévoles (!) et des
autocollants du Nouveau Parti Anticapitaliste (et non pas des autocollants UMP)!


Figure-toi qu'en plus de ne pas vouloir de voiture, même si j'en voulais une, je n'en aurais pas les moyens!


Et c'est bien d'aller sur les lieux de ton travail à pied et de faire ton potager! Chapeau!


Heureux de discuter avec toi,


Matthieu



Matthieu 26/10/2010 14:58



Accorde-moi que dans les faits, ce sont plus les personnes modestes que les personnes aisées qui réfléchissent "à comment se passer de telle ou telle chose futile" (et
rarement l'inverse, comme tu le laissais entendre).



Ralentissor 26/10/2010 13:30



Votre discussion est intéressante et les arguments développés remplis d'intérêt. Mais elles restent le fait de personnes vivant dans une société industrialisée, ayant un travail et donc un revenu
leur permettant d'avoir le recul nécessaire pour réfléchir à comment se passer de telle ou telle chose futile. Jamais une conversation pareille n'existera entre deux chomeurs longue durée ayant
une famille à nourrir. Ces gens parleront de la façon de s'en sortir et de comment acceder à un peu plus de facilité au quotidien pour trouver un boulot et y aller, récuperer les gosses
à l'école, faire les emplettes pour donner la bequée, sans que tout cela ne leur prenne des plombes et des plombes. La première chose qu'ils vont faire avec la première paye sera de solder les
factures et de chercher un vieux diesel pourri à 500 € (ce sera leur boufée d'oxygène à eux !!). Je pense pas que la priorité, dans ces cas là, soit de faire dans le bucolique, enfin je peux
(j'espère) me tromper ...


Il n'empèche que tout un chacun se doit de faire l'effort que sa conscience lui réclame afin d'avoir un comportement moins marquant pour l'environnement. Il faut simplement prendre en compte que
nouos ne sommes pazs tous égaux de ce point de vue ...


C'est dans cet esprit que je culitve mon jardin potager ou que je vais une ou deux fois par semaine au boulot en marchant (une dizaine de km pour monter, la même chose pour revenir.
c'est d'ailleurs prévu pour demain).



Eric 25/10/2010 20:18



Bon, tout ça est très interessant, et on pourrait échanger encore très longtemps, mais ça me prend beaucoup trop de temps. J'aurais bien un avis à donner sur les philosophes, les politiques,
l'éducation, la liberté et que sais je encore, mais je n'ai pas le temps alors je vais choisir d'arrêter ici pour l'instant.


Peut être, je l'espère, qu'on aura l'occasion de reprendre cette discussion de vive voix en roulant ensemble un de ces jours.... Qui sait ce que l'avenir nous réserve?


Je vais juste ajouter la définition du dictionnaire pour le mot "progrès":



développement,accroissement


transformation graduelle


amélioration, perfectionnement


qui s'approche d'un but


évolution positive de la civilisation



Note l'ambiguité de la dernière définition...


 











Matthieu 26/10/2010 14:30



Pédaler en ta compagnie serait un plaisir: on ne devrait pas s'ennuyer!



Matthieu 25/10/2010 19:36



Intéressant! Ca, c’est un commentaire constructif ! Merci!


(Peut-être qu'au fond de moi, il y a des convictions qui, même en ayant grandi dans un autre milieu, seraient les mêmes. On n'en sait
rien.)


Concernant ton combat pour te "désaliéner" de ton travail en roulant moins en voiture, je le trouve intéressant: c'est clair que dans la
mesure où les voitures représentent 1/7ème de l'économie du pays, on pourrait dire que celui qui vit sans voiture a le droit de travailler 1/7ème de moins que les autres (30 heures au lieu de
35).


Je suis heureux que tu te sois épanoui dans les mathématiques. Trop fort! Je disais simplement que ceux qui nous gouvernent sont trop
souvent des calculateurs, et que ça me semble dangereux. L'essence de la philosophie, c'est la sagesse, et si des philosophes nous gouvernaient, j'aurais une bien plus grande confiance en la
démocratie. Tu ne m'enlèveras pas de la tête que l'école cherche de moins en moins à épanouir les enfants, et de plus en plus à les rendre rentables. Après, c'est vrai que j'avais oublié ceux qui
s'épanouissent dans les chiffres, et que je me souciais plus de ceux qui, amoureux de la philosophie, de la poésie, de la musique ou de je ne sais quoi, étaient rejetés par le système
éducatif. Combien de fois ai-je entendu que le Bac L, c'était pour les cancres? Et pourquoi ça? Parce que dans notre monde libéral, réfléchir n'est pas très utile, ce qui compte avant tout, c'est
de savoir manier des chiffres (voire de savoir de les manipuler).


Pour en revenir au sujet principal :


Certes, manger est vital, mais il y a différentes façon de manger. On peut choisir de manger de la viande à tous les repas ou bien choisir
d'en manger une fois par semaine. Dans le premier cas, l'impact écologique sur la planète est fort; dans le second beaucoup moins! Dans nos sociétés aisées, nous avons le choix, nous avons
une marge de manoeuvre. Par contre, dans les pays plus modestes, la marge de maoeuvre est beaucoup plus faible, et effectivement, de nombreux êtres humains sont obligés de manger ce qu'ils ont
sous la main. Cependant, remarquons tout de même que ce sont les plus riches qui polluent le plus: ainsi, en 2002, un habitant des USA rejetait en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, alors qu'un
habitant d'Asie du Sud en rejetait: 0,82 tonnes, soit 24 fois moins. Source: http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12599#tit3 


Nous, occidentaux, pouvons faire le choix de vivre de différentes façons et de polluer plus ou moins. En grande majorité, nous ne sommes
pas dans l'urgence vitale, et bien souvent, de toute façon, ceux qui sont dans l'urgence sont ceux qui polluent le moins (il me semble qu'en moyenne, un sdf pollue moins qu'un cadre).


Pour le chauffage, de la même façon, nous avons le choix: l'hiver, nous pouvons le mettre à fond et vivre en tee-shirt dans nos maisons ou
bien l'allumer un petit peu de temps en temps et porter des pulls ou des doudounes. Dire que si on arrête le chauffage, on meurt est faux (en général tout au moins): il me semble que les
esquimaux vivaient sans chauffage et qu'ils n'avaient d'ailleurs même pas accès à la ressource "bois"!


Le pétrole n'est pas vital, et je ne crois pas imposer une dictature en exprimant mes opinions (qui se fondent sur des faits scientifiques:
la disparition des espèces, le réchauffement climatique ne sont pas des visions de l'esprit: ce sont des faits). Je n'ai jamais dit "tu dois!", je n'impose rien, je respecte la démocratie.
Et il me semble que par la parole, on peut changer la vision du monde des citoyens (ça ne me paraît pas, comme tu le dis, impossible, mais, je te l’accorde, ça ne marche pas toujours) : si,
dans les urnes, les écologistes sont passés de 0,5% à 15% des voix en une vingtaine d’années, c’est grâce à leur discours, et non pas en lavant le cerveau des électeurs! Pas facile de convaincre
toute la famille, c’est vrai, mais dans certains pays à forte conscience écologiste (Hollande, Allemagne, Suède…), il n’est pas rare de voir toute une famille partir en vacances à vélo, par
exemple. Tu sembles me dire de faire attention au manichéisme, mais il ne faut pas reprocher aux gens qui ont un idéal d'être des dictateurs: si je me souviens bien, je n'ai encore
enfermé personne dans des vases clos (je côtoie plein de gens qui ne sont pas écologistes): je respecte les idées de tout le monde; et si quand je dis "le pétrole, ça pollue", certains se
sentent visés: je n'y peux pas grand chose: c'est un fait qu’il est bon de rappeler (sans pour autant faire de procès). C’est un peu fort de traiter les écologistes de dictateurs (ce que tu n’as
pas fait, mais certains libéraux le font) : en effet, les écologistes sont pacifistes, ils essaient de préserver la planète et la vie ; et je pense que les dictateurs, ce sont plutôt
ceux qui sont dans le « tout pétrole » et qui imposent aux générations futures (à des milliards d’êtres humains et à des milliards d’animaux) un avenir misérable en asphyxiant la
planète : pour moi, le dictateur, c’est Total et pas Gandhi !


(Ce que tu dis sur les enfants est intéressant : c’est de plus en plus la télévision, la publicité, Facebook et compagnie qui les
éduquent : j’ai l’impression que globalement, à cause de ces choses-là, les parents perdent, de plus en plus, le contrôle).


Ensuite, dire que si nous continuons ou arrêtons de brûler du pétrole, la situation sera la même est faux. Des scientifiques étudient
différents scénarios, et en fonction des choix que  feront les sociétés humaines, le réchauffement planétaire sera plus ou moins important. Il semblerait qu'il y ait un facteur 6 en jeu! Et
qu'entre le petit réchauffement induit par une société raisonnable et le gros réchauffement provoqué par une société insouciante, l'avenir de la planète, de nombreuses espèces et des générations
futures soit significativement différent, et c'est là qu'il y a urgence! Hier, j’étais à la Fête des Sciences (et avec cette météo pluvieuse, c’était bien sympa), et il y avait des tableaux qui
donnaient des informations sur l’évolution de la biodiversité en fonction de nos politiques environnementales : en France, par exemple, si nous ne faisons rien d’ici 2050, 75% des espèces
actuellement sur notre territoire auront disparu ; par contre, si nous nous orientons vers les énergies renouvelables et le développement durables, ce chiffre peut être réduit à
35% !


J'entendais un politique dire très sérieusement "Mais pourquoi les jeunes manifestent; de toute façon, avec le réchauffement
climatique, le monde est tellement instable que dans 50 ans lorsque viendra l'âge de leur retraite, on n'est même pas sûr qu'il y ait encore des humains sur Terre!"... puis ensuite, ce même
politique affirmait que tout le monde ferait mieux de retourner travailler pour assurer l'avenir économique du pays! Quand on entend des choses pareilles, on se dit qu'on marche un peu sur la
tête. Et, sur le fond, tout ce que je dis, c’est que notre avenir est conditionné par l’écologie plus que par l’économie.


Sur le progrès, nous avons une vision vraiment divergente. Pour moi, la compétition n'est absolument pas une condition au progrès. Quand je
pense au progrès, je pense à une amélioration de la justice sociale ou à une harmonie de l’homme avec la nature, et non pas à un mouvement de cr&ea



Matthieu 26/10/2010 14:25


Fin du commentaire coupé (car trop long): Sur le progrès, nous avons une vision vraiment divergente. Pour moi, la compétition n'est absolument pas une condition au progrès. Quand je pense au
progrès, je pense à une amélioration de la justice sociale ou à une harmonie de l’homme avec la nature, et non pas à un mouvement de création. En parlant de la pyramide dont la base est le silex,
il me semble, mais je peux me tromper, que ton idéal serait un peu en accord avec le film « 2001, l’Odyssée de l’Espace ». Ok, je respecte. « Mon idéal à moi » serait plus « rousseauiste » et assez
proche de « Belle et Sébastien ». Je trouve que le monde est très riche, et que, hormis certains outils qui rendraient la vie plus juste comme des médicaments contre le cancer, ce n'est pas
vraiment la peine de créer autre chose (de mon point de vue, pour donner un exemple, je dirais : « les télés 3D »). Ce serait dommage de se passer de la technologie, je ne dis pas qu'il faut tout
jeter à la poubelle et aller vivre tout nu dans la forêt. Je pense que sur un plan technologique, à quelques exceptions près, nous avons ce qu'il faut, qu'il faut faire le tri (c'est à chacun de
nous de le faire, pas à moi). On dépense beaucoup d'énergie pour inventer des gadgets qui me semblent sans importance. Au Bouthan, ils en ont eu marre qu'on les mette en bas de l'échelle; et ils
ont fait un pied de nez à tout le monde en disant "nous le PNB, ça ne nous intéresse pas ; okay, sur le plan matériel, nous n’avons pas grand-chose ; mais ce qui nous intéresse vraiment, c'est le
BNB »: le Bonheur National Brut! Je crois qu'ils ont raison. A chacun sa vision du monde…


Eric 25/10/2010 15:56



A propos de l'école: tu penses que les ingénieurs sont inutiles? Que seuls l'art, la philosophie et la poésie permettent de s'épanouir? Je suis tout à fait d'accord que le monde irait bien mieux
si tout le monde pouvait s'épanouir (impossible toujours à cause de cette compétition obligatoire), mais les voies de l'épanouissement sont infinies et englobent beaucoup plus que l'art et la
poésie. Personnellement, je m'épanouis autant dans l'effort physique que dans la création intellectuelle de systèmes informatiques parfaits. Je n'ai aucune attirance pour l'art ou la poésie, mais
j'apprécie énormément de traverser les montagnes en courant ou en vélo (pour moi, c'est dans ces moments que le mot 'liberté' prend un vrai sens). Oui, il faudrait permettre à chacun de créer ou
de contempler comme il veut.

Je n'ai pas dit que le meilleur moyen de stimuler le progrès était l'économie libérale. J'ai dit que c'était la compétition. Et je n'ai pas défini le mot 'progrès': j'entends par là le mouvement
résultant de toute création, matérielle ou intellectuelle. Les fusées, ordinateurs et téléphones ne sont que des outils permettant de créer l'étage suivant de la pyramide. Ils ne sont pas
différents des premières lances à pointe de silex qui ont permis aux hommes de chasser plus facilement et d'augmenter leur empreinte sur la nature. Est ce que ces premiers hommes agissaient déjà
contre nature?

Je reste conscient que ces outils sont construits en pillant des resources limitées, et sans se soucier de l'empreinte écologique. C'est encore la compétition qui pousse à faire au plus vite. On
pourrait faire autrement si on avait le temps.

Ton paragraphe sur l'urgence d'arrêter de bruler du pétrole est intéressant. Je suis bien au courant de tout ce que tu dis. Je sais aussi que même en arrêtant tout aujourd'hui, c'est déjà trop
tard. La fonte des poles et du permafrost est en train de libérer aussi du CO2 emprisonné depuis des millions d'années, et ça, on ne peut déjà plus l'arrêter. La réaction en chaîne est déjà
enclenchée. Mais ce qui est intéressant, c'est ton argument sur la priorité absolue d'arrêter 'parce que c'est vital'. C'est le même argument qu'ont quelques milliards de personnes tous les jours
pour leur propre survie: peu importe ce que ça coûte/coûtera de manger, parce que si ils ne mangent pas tout de suite, ils meurent. S'ils ne se chauffent pas tout de suite, ils meurent. Pour eux,
c'est la même urgence vitale qui justifie le moyens qu'ils utilisent pour survivre.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas combattre pour la modération énergétique. Mais je dis qu'il vaut mieux combattre à un autre niveau pour supprimer le besoin du pétrole, et pas juste essayer de
convaincre les gens de choisir de ne plus l'utiliser. Quand il n'y aura plus besoin de pétrole, il n'y aura plus de problème de CO2 non plus.

Les choix de vie: oui, tout le monde peut faire des choix, mais tous les choix ont un prix et beaucoup ne peuvent pas payer ce prix (toujours la question de la survie immédiate). Mais surtout, on
ne peut faire ce choix que pour soi-même, pas pour son/sa conjoint(e), pas pour ses enfants. Bien sûr, on peut leur rabacher son point de vue tous les jours, et espérer qu'ils finiront pas se
rallier à ton avis. Mais bon, j'ai testé, ça ne marche pas. Passé l'âge de 5-6 ans, tu ne peux plus influencer une personne. A moins de l'isoler et de vivre dans un vase clos, l'environnement
devient plus fort que tout ce que tu pourras lui dire. Toi même, c'est un certain environnement qui a fait que tu penses aujourd'hui comme tu penses. Si tu avais vécu et grandi ailleurs, tu
serais sûrement une personne très différente. Il ne faut pas oublier ça quand tu veux convaincre quelqu'un que ton idée est la bonne. L'autre a aussi son idée, et il est tout aussi persuadé que
toi que son idée est la bonne. J'essaye toujours de ne pas dire "tu devrais faire ceci...", mais "moi je fais cela...". Je propose, l'autre dispose.

En réalité, il faut que je dise que ma motivation première pour éviter au maximum d'utiliser la voiture n'est pas du tout écologique. Rien à voir avec le CO2. Non, en réalité, cela fait partie
d'un plan destiné à réduire mes besoins de biens matériels, donc mes besoins d'argent, donc le temps que je dois passer à mon travail-esclave. Ceci dans le but de pouvoir utiliser ce temps libéré
pour créer ce dont j'ai envie (travailler gratuitement, sans contrainte de compétitivité et sans compromis de réalisation; cf les systèmes parfaits), courir et rouler (en vélo bien sûr). Mon
choix, c'est de créer des choses réellement utiles aux gens, et de vivre. Finalement, c'est plutôt écologique, non?

Pardon pour le 'concours', c'est vrai que le mot était mal choisi pour un anti-compétition. Je reconnais tout à fait que pour renoncer à sa voiture sans changer sa vie (quand on ne peut pas), il
faut faire des efforts non négligeables. J'aurais du dire "il m'intéresserait de savoir les raisons qui ont obligé à prendre la voiture".



Matthieu 25/10/2010 19:35



Réponse: commentaire n°10.



Matthieu 24/10/2010 20:59



Salut Eric,


 


Ce n'est pas moi qui vais faire l'éloge de la compétition.


 


Effectivement, nous vivons dans un monde de plus en plus compétitif, et c'est très triste. Les écoles transforment les enfants en
outils de production, en machines à calculer... On ferait mieux de leur enseigner plus à fond l'art, la philosophie et la poésie qui sont des disciplines qui les aideraient à s'épanouir et à
donner du sens à la vie. La société transforme les "matheux" en génies, les économistes en prophètes, les poètes en cancres et les philosophes en choses inutiles: on ferait l'inverse, ça irait
sans doute beaucoup mieux.


 


Je suis en désaccord avec l'idée que le meilleur moyen de stimuler le progrès est l'économie libérale. J’ai le sentiment que les
fruits technologiques de la modernité que sont, par exemple, les voitures, les fusées, les ordinateurs, les téléphones portables n'ont que peu d'importance, car j’ai l’impression qu’ils n'ont pas
contribué à rendre les hommes plus heureux et à rendre la société plus juste. Pour moi, le progrès est avant tout social, et il est évident que la compétition va à l'encontre du progrès social,
car elle pousse les individus à se détester. Ce qui a fait progresser l’humanité, ce n'est pas la loi du plus fort, mais la volonté de justice; et cette volonté-là est absente du
libéralisme.


 


La combustion du pétrole doit être ardemment combattue pour la simple et bonne raison qu'elle est la cause principale du réchauffement
planétaire et de la destruction de la biodiversité. Sais-tu qu'en 2050, 75% des espèces actuellement présentes en France auront disparu? Tu ne trouves pas que c'est alarmant? En outre, la
destruction des forêts est loin d'être anecdotique, car ce sont les arbres qui sont les principaux acteurs du recyclage du dioxyde de carbone en dioxygène. Effectivement, tu as sans doute raison:
quand il n'y aura plus de pétrole, l'homme trouvera autre chose à piller pour survivre un peu plus longtemps, mais ce que tu oublies, c'est que lorsque l'homme aura brûlé tout "son" pétrole, la
planète sera atteinte d'un cancer incurable! Le combat pour la modération énergétique, pour les énergies propres n'est pas un combat secondaire, c'est même plus important que le débat sur la
compétition (car plus urgent et plus vital).


 


Trop souvent (mais pas tout le temps, attention!), beaucoup prennent leur voiture par facilité - par paresse, et non par ce qu'ils y
sont contraints ! Tout mettre sur le dos du libéralisme ne me paraît pas juste (les communistes aussi avaient des centrales nucléaires et des voitures). Et dans les faits, dire que le
système nous oblige à utiliser une voiture est souvent faux. Selon les personnes, les contraintes sont plus ou moins importantes, je te l'accorde, mais parfois, dire que l'on est obligé est trop
facile. Il y a des gens qui font 60 kilomètres de vélo par jour pour se rendre sur leur lieu de travail, il y a des gens qui font le choix de refuser le système et de vivre dans l'itinérance à
vélo en s'arrêtant travailler dans des fermes, il y a des paralysés des deux jambes qui se rendent sur le lieu de travail en vélo à mains (handbike) et qui vont jusqu'à traverser les Pyrénées
avec ce même vélo, il y a des gens qui se servent d'internet pour étudier les différentes qualités d'antivols et qui ne se font jamais volés leur vélo, il y a des gens qui, lorsqu'ils vont
travailler en vélo et qu'il pleut, prennent un sac à dos avec des affaires de rechange... il y a même un amputé des deux bras et des deux jambes qui a traversé la Manche à la nage ! Je
comprends la pesanteur des contraintes que tu as énumérées, mais je ne suis pas convaincu que ces contraintes puissent systématiquement nous obliger à utiliser nos voitures. A la rigueur, nos
vies peuvent nous imposer certaines obligations qui vont à l’encontre de nos valeurs morales, mais on peut faire le choix de changer nos vies, on peut faire le choix de prendre des
risques.


 


Enfin, mon jeu est un jeu, et non pas comme tu l’écris « un concours » ; et oui, comme tu l’écris :
« les raisons fondamentales pour lesquelles [tu es] obligé de prendre ta voiture » sont intéressantes, mais ce serait triste de croire qu’elles sont plus intéressantes que les efforts fournis par
ceux qui renoncent à leur voiture.



Fred 24/10/2010 16:34



Au fait, tu connais un site de covoiturage efficace? De mon côté j'ai rien trouvé de vraiment bien... Je pars en espagne mercredi seul dans ma caisse et je culpabilise un peu...


Hasta luego



Matthieu 24/10/2010 20:50


Désolé Fred! Je ne connais pas, mais ça m'intéresserait! Si tu culpabilises, tu es sur la bonne voie! Matthieu


Eric 24/10/2010 15:48



Salut Matthieu,

Je lis aussi ton blog depuis le début et je t'envie de pouvoir faire tout ce que tu fais. Pour l'instant, mes charges de famille ne me le permettent pas.

Est ce que la fin du pétrole obligera l'humanité à revenir à une vie écologique et recyclable? Rien n'est moins sûr.

Le pétrole dans l'économie, c'est comme le dopage dans le sport. Certains athlètes se dopent pour tricher, mais la majorité ne se dope que parce que c'est la seule façon de suivre les tricheurs
et donc de continuer la course et de manger. C'est l'idée même de compétition qui est à la base de cette bêtise. Et la compétition est aussi le moteur qui régit l'économie libérale (maintenant
mondialisée), sous le prétexte qu'elle est le meilleur moyen de stimuler le progrès (ce qui est vrai, mais à quel prix pour les gens et la planète? ça on n'en parle jamais).

Je pense que l'utilisation du pétrole (ou du charbon, ou de l'uranium, ou des forêts, ou des poissons....) n'est pas fondamentalement la chose à combattre. Quand ceux là seront épuisés, je fais
confiance à l'homme pour trouver autre chose à piller. Non, à mon avis, c'est contre l'idée de compétition qu'il faut se battre. C'est la compétition même qu'il faut refuser, pas le pétrole.
Malheureusement, la finance, qui tient les rênes du monde à travers les gouvernements-pantins qu'elle met en scène, fait bien attention à obliger tout le monde à rester dans la course (ou à
mourir).

Pour ton concours, ce qui serait intéressant, ce n'est pas tant de savoir combien de jours on peut tenir sans voiture, mais surtout les raisons fondamentales pour lesquelles on est obligé de la
prendre. Tu verras que tout se rapporte à la compétition dans laquelle on t'a placé de force dès le jour de ta naissance.

- mon critère principal pour savoir si je prends le vélo ou la voiture est de savoir où je vais pouvoir ranger mon vélo. Si j'ai accès à un endroit fermé, je prends le vélo, sinon je prends la
voiture. L'incivilité est donc une cause qui m'oblige à prendre la voiture? Et d'où vient l'incivilité, si ce n'est un réflexe de survie pour tous ceux qui ont perdu à la compétition de la vie et
n'ont pas pu obtenir 'légalement' leur part du gateau?

- un second critère est le temps de déplacement. La compétition m'oblige à faire plus de choses que je peux naturellement en faire. Je suis obligé de faire les choses plus vite. Aussi entraîné
que je sois, je ne peux pas me battre contre un moteur à explosion.

- un troisième critère est le moment du déplacement. Notre vie est minutée. S'il pleut au moment où je dois rouler, impossible de prendre le vélo car je ne peux pas arriver à mon travail tout
trempé et sale. Si je pouvais choisir qaund me déplacer, je pourrais prendre le vélo plus souvent.

- les transports en commun ne sont pas assez développés. Il n'y a absolument AUCUN problème technique ou financier à multiplier par 50 le réseau des bus, alors pourquoi n'est ce pas fait? Cela
réduirait les besoins de voiture de plus de 50%, ce qui veut dire que la plupart des gens pourraient réduire leur temps de travail (puisqu'ils ne doivent plus payer pour cette voiture dont ils
n'ont plus besoin, et le bus coûte beaucoup moins cher). En d'autres termes, fournir des transports en commun donne le moyen de sortir un peu de l'obligation de rester dans la compétition.

Pour moi, la question n'est pas d'arrêter le pétrole. C'est de supprimer tout ce qui va 'in fine' pousser les gens à se battre les un contre les autres en les forçant à rester dans la compétition
(le crédit bancaire étant le principal facteur d'enchainement).



Matthieu 24/10/2010 20:49


Réponse: commentaire n°8.


Fred 23/10/2010 16:01



 


Merci pour ta réponse! Sympa d'échanger avec toi.


Je suis d'accord avec tout ce que tu me dis. Mais je reste pessimiste et j'ai peur que l'on soit dans l'utopie. Nous sommes dans un engrenage et nous ne pouvons plus faire
marche arrière. L'économie nous entraine, tout va de plus en plus vite. Le monde n'en reviendra pas aux chevaux et aux voiliers Mis à part quelques hurluberlus (comme nous!) les hommes et surtout
ceux qui nous dirigent veulent que leur pays soit le plus performant possible et tout cela bien souvent au détriment de l'écologie. Si on freine le progrès ne serait-ce que de 1%, nous prenons du
retard face à des pays compétitifs et d'autres en plein développement.


C'est un long débat... A notre échelle peut-on faire quelque chose? Si tout le monde s'y met oui mais nous sommes bien petits face à tout ça...






En tout cas si tu passes par l'Ardèche lors d'une balade, fais moi signe. Je serais ravis de faire une rando ou quelques kilomètres de vélo en ta compagnie! Et pourquoi une petite soirée débat
autour d'un apéro façon hippies!



Matthieu 23/10/2010 19:38


Merci beaucoup pour ton invitation. Il y a encore 20 ans, l'écologie était une blague; aujourd'hui, c'est un sujet sérieux; à l'avenir, ce sera un enjeu crucial; et je crois qu'il faut avoir
confiance dans les générations futures. Très souvent, quand j'explique mes opinions écologistes à des cinquantenaires, on me rit quasiment au nez, alors que les jeunes de 20 ans, en proportion,
s'intéressent beaucoup plus au sujet et font souvent des efforts (vélo en ville, culpabilité à l'idée de prendre un avion, végétarisme, etc.). Il y a une prise de conscience et contrairement à ce
que nos vieux politiques s'obstinent à nous faire croire, ça peut changer. Et d'ailleurs, plus on y croit, plus ça changera. Je suis ravi que nous partagions des convictions communes, Matthieu


Matthieu 22/10/2010 22:30



Dans les réponses aux commentaires, je ne peux pas faire de paragraphes: je poste donc un nouveau commentaire pour rendre ma réponse à Fred plus lisible:


Salut Fred,


Je suis heureux que tu te manifestes et que tu trouves mes balades "très belles"!


Un point important: seulement 2% du pétrole que nous utilisons est destiné à la fabrication du plastique. Par ailleurs, le pétrole utilisé pour fabriquer du plastique n'est pas brûlé, ne
rejette pas de dioxyde de carbone et ne pollue donc pas. De plus, en utilisant des baskets de façon raisonnable, elles peuvent durer des années; et surtout une fois usées, si nous gérons
bien nos déchets, elles peuvent être recyclées (alors que le pétrole brûlé, lui, ne peut pas être recyclé): donc laisser sous-entendre que la marche à pied pollue quand même n'est pas un
argument recevable. Une automobile brûle des tonnes de pétrole par an, une paire de basket contient 100 grammes de plastique, celui-ci ne brûle pas et est recyclable! Comparer une voiture et
une paire de basket, c'est comme confondre un cailloux et une montagne.


On m'a déjà fait le coup en me disant qu'avec mon vélo, je polluais: eh oui, il a bien fallu le fabriquer mon vélo: sauf qu'un vélo, c'est 10 kilos de métal (et pas une ou deux tonnes comme
une voiture), que ça peut durer une vie (et pas deux trois quatre ans: durée de vie moyenne d'une voiture), et que surtout, point essentiel, ça ne rejette rien dans l'athmosphère. Soyons
sérieux: si on remplaçait toutes les voitures du monde par des baskets et des vélos, je ne crois pas que l'avenir de la planète serait menacé de la même façon: ça irait cent mille fois
mieux.


Concernant le transport:


Il est tout à fait possible d'acheter des baskets qui ne sont pas fabriquées à l'autre bout du monde, et de choisir pour acheminer celles-ci des transports moins polluants que les camions (les
trains, des coursiers à vélo avec des remorques, des voiliers, des bateaux poussés par le courant des fleuves, et pourquoi pas des chevaux; on pourrait même attacher des remorques à des
éléphants: il suffit d'avoir un peu d'imagination ou de s'intéresser aux diversités culturelles).


Dans une société, tout est imbriqué. On ne peut pas effacer d'un claquement de doigt un paramètre (le pétrole) sans influencer les autres paramètres (les voitures, les industries entre autres);
et c'est pourquoi, il faut tout repenser. Renoncer à la combustion du pétrole impliquerait de redimensionner le monde et de changer toutes nos habitudes: par exemple, aller faire nos courses
chez les petits commerçants du coin qui seraient fournis par les producteurs locaux, partir en vacances dans la région voisine plutôt qu'à l'autre bout de la planète, s'intéresser aux fleurs
plutôt qu'aux courses de voitures, faire confiance à des artisans plutôt qu'à des firmes multinationales, moins chauffer nos maisons et nous couvrir un peu plus, faire attention au
gaspillage (ne pas utiliser de récipients jetables, etc.). Au final, je suis persuadé que ça remettrait de la poésie dans nos vies et que ce serait mieux (avis personnel).


Il ne faut surtout pas mettre des batons dans les roues de ceux qui font des efforts. Certes, personne n'est parfait, on pourra toujours dire à n'importe quel écologiste "Ah ah,
regarde, t'as fait ça: ton empreinte carbone n'est pas nulle", mais c'est toujours mieux de prendre conscience d'un problème et d'agir pour corriger celui-ci plutôt que de ne rien faire, de
ne rien voir, de tout nier et de ne pas avoir d'idéal.


Merci pour ton message: j'aime échanger sur ces sujets; et en réagissant, tu nous fais tous réfléchir.


Matthieu



Rodolphe 22/10/2010 22:09



Pour ma part à peu près 6 jours chaque semaine... la voiture me servant essentiellement pour les courses. Les pompes sont à sec ? Peu importe j'ai de quoi tenir très longtemps à ce rythme
(quelques km par semaine), et je vais travailler toute l'année à vélo (à part les jours de neige/verglas où j'y vais en tramway) :)


Bon début de réflexion en tout cas, même si le manque d'essence signifie certes la fin de nos déplacements persos plus ou moins réguliers, mais aussi l'approvisionnement des hypermarchés,
l'acheminement du courrier... etc. Le changement de mode de vie se fera dans la douleur, mais il arrivera forcément un jour.



Matthieu 22/10/2010 22:20


Bonsoir Rodolphe, Je savais que tu étais très performant sur les cyclosportives, et je découvre que tu l'es également en transports doux: toutes mes félicitations. Pour le reste, ma réponse à Fred
rejoint celle que je t'aurais faite.


Fred 22/10/2010 21:04



Salut,


 


Voici quelques temps que je jette un oeil régulièrement à ton blog. Tu fais de très belles balades dis moi! Et tout ça sans bagniol! De mon côté j'essaie de la prendre le moins possible mais je
ne me fixe pas d'objectif ni ne me "contraint" sur du long terme. Je pense qu'il vaut mieux faire 30 bornes par semaine que rien pendant 3 mois et 300 bornes par semaine le reste du temps!


Pour ce qui est du pétrole je suis d'accord avec toi mais je me pose quelques questions. Je pense que si je n'avais pas le choix je pourrais me passer de voiture ou engin motorisé. Mais les
baskets que j'utilise? Elles viennent de très loin (vietnam, c'est écrit dessus!) et sans pétrole dur de les faire venir à mon magasin de sport! Et même elles sont faites avec du plastique donc
du pétrole! Je pourrais prendre plein d'exemples comme celà. Faut-t-il revenir aux sandales en cuir? (J'en ai des tres bien d'ailleurs).


Moi aussi je rêve d'un monde sans pétrole ou sans charbon mais...


En tout cas il faudra faire sans dans quelques decennies c'est sur!



Matthieu 22/10/2010 22:16


Problème technique: ma réponse dans le commentaire n°4 de l'article.


Matthieu 22/10/2010 11:36



Mon record, c'est 98 jours: du samedi 29 mai 2010 (covoiturage passager) au vendredi 3 septembre 2010 (coscooterage passager): ça correspond à la période de mon voyage en
cyclocamping avec un léger débordement. Ensuite, j'ai tenu à deux ou trois reprises 28 jours (rechutes pour les courses).